 ▌Messages: 170 ▌Célébrité: Kaya Scodelario ▌Double-compte ?: Anciennement Quinn S. Gates ▌Copyright: Croco ▌Age du personnage: 19 ans ▌Créatures: Humaine ▌Clan : Aucun ▌Camp: Aucun ▌Element: Capacité de copier les 4 éléments ▌Niveau magique: Indéterminé ▌Puissance: 383
 | Sujet: Emma Rachel Kensington Mar 21 Fév - 16:40 | |
| (c) copyright Emma Rachel Kensington FICHE D'IDENTITE | Your Identity ♣ NOM • Kensington ♣ PRÉNOM • Emma Rachel ♣ AGE • 19 ans ♣ MÉTIER • Prochainement étudiante ♣ POUVOIR SPÉCIAL • Capacité de copier les pouvoirs des gens à portée (plus de détails dans la fiche) ♣ NIVEAU POUVOIR • Indéterminé ♣ CREATURE • Aurait dû être une fée, mais est simplement humaine ♣ GROUPE • Créatures libres ♣ CRÉDIT AVATAR • Croco ♣ AVATAR • Kaya Scodelario |
JUST MY LIFE {« Your story »}
- Comprends-tu la gravité de la situation, Isaya ? Cet enfant doit être maudit.
La jeune fée sanglotait encore quand elle hocha finalement la tête. Sa mère avait raison. Les autres fées avaient toutes raison, l’enfant qu’elle portait dans son ventre, le fruit de sa chair, de ses entrailles, de son propre sang, devait être maudit. Isaya baissa les yeux et posa doucement les mains sur son abdomen arrondi. Quelques mois s’étaient écoulés déjà, mais elle pouvait encore discerner quelques marques de l’agression; des coupures presque cicatrisées, des rougeurs et une énorme ecchymose là, sous sa main, à la hauteur des côtes que le Phénix lui avait brisées. D’abord bleu foncé, l’hématome avait lentement viré au violet, puis s’était mélangé de jaune et de brun. La gravité de la blessure contrastait avec l’arrondi de son ventre, normalement signe d’un bonheur prochain. Non, l’enfant à naître ne serait pas source de bonheur. Il serait maudit. Les fées ne pouvaient tolérer la venue au monde d’un être conçu dans de telles circonstances…
Isaya se souvenait avec une clarté terrifiante la peur qu’elle avait ressentie quand elle avait compris qu’il allait la prendre. Le dégoût du geste, le sentiment d’impuissance, la honte face à ses réactions… Car elle ne s’était plus défendue, dès le moment où elle avait compris qu’elle était perdue, elle avait cessé toute résistance et s’était laissée faire, l’avait laissé la souiller, la briser… Par la suite, elle s’était sentie coupable, s’était sentie incapable et honteuse de ne pas s’être défendue. Elle avait songé à mourir, pour échapper au dégoût d’elle-même qu’elle ressentait continuellement. Mais elle avait continué à vivre.
Quand elle avait compris qu’elle était enceinte, quelques mois après les événements, elle n’avait pas eu le choix de tout raconter aux autres. Sa mère était entrée dans une colère sans précédent et l’être infâme qui avait semé l’ignominie dans le ventre d’une des leurs fut châtié, de la plus horrible manière qui soit. Pour l’enfant, il était trop tard, il devrait naître. Mais les fées ne pouvaient pas tolérer qu’un tel être puisse vivre, car trop de souffrances l’attendaient dans ce monde, en raison des circonstances de sa conception. Un enfant comme celui-là représentait aux yeux des fées une anomalie, une erreur de la nature qui de toute façon ne serait jamais adapté au monde qui l’entourerait, une aberration dont il valait mieux se débarrasser bien vite, pour s’épargner le soucis de le côtoyer autant que pour lui épargner la souffrance que la vie lui apporterait. Mais il était inenvisageable pour elles d’ôter la vie à un enfant… Alors, elles choisirent de lui lancer une malédiction. Si les fées pouvaient doter leurs enfants de dons ou de caractéristiques particulières, elles pouvaient aussi influencer leur destin, en bien ou en mal. Elles avaient décidé qu’elles ne doteraient pas cet enfant d’un don particulier, non… elles lui enlèveraient carrément tout pouvoir qu’il pourrait possiblement avoir. L’enfant à venir ne contrôlerait pas d’élément de la nature. Il ne volerait pas dans le ciel, ne changerait pas d’apparence, ne lancerait pas de sorts comme le font les fées, rien de tout cela. L’enfant serait purement, simplement et désespérément humain. De cette façon, dans une île magique comme Wonderland, la vie serait si difficile que l’enfant ne pourrait sans doute pas survivre bien longtemps...
Lorsque Isaya mit au monde une magnifique petite fille, les fées, intransigeantes, lancèrent leur malédiction et sommèrent la nouvelle mère d’aller porter le nourrisson devant le porche d’un orphelinat, ce qu’elle fit dans la journée même.
Les semaines qui suivirent furent terribles pour la jeune mère, qui ne se remettait pas de son accouchement. Elle ne tolérait pas le fait d’avoir abandonné son enfant car bien qu’elle eut été d’accord pendant quelques temps avec les autres fées sur la nécessité de maudire son bébé, dès la seconde où elle avait plongé son regard dans les yeux brillants de sa petite fille, elle l’avait automatiquement, inconditionnellement et profondément aimée. Elle ne pouvait concevoir de l’avoir laissée ainsi dans un monde cruel, sans pouvoir pour se défendre, sans parents pour prendre soin d’elle… Et elle sombra dans une profonde dépression. Après quelques temps, il lui sembla que la seule façon pour elle d’obtenir le salut et de retrouver la paix était de rendre à sa fille la magie que ses consœurs lui avaient retirée. Malheureusement, il lui était impossible de lui redonner, seule, ce qu’une quinzaine de fées lui avaient enlevé… néanmoins, elle pouvait faire quelque chose pour l’aider.
Cette nuit-là, elle avait sorti son essence vitale de sa cachette et l’avait emmenée avec elle jusqu’à sa fille, récemment adoptée par une famille de sorciers et prénommée Emma. Alors que la petite dormait, la fée, format réduit, vola jusqu’au dessus d’elle et prit un temps pour observer son enfant, confuse entre l’amour, le désespoir, la tristesse, la culpabilité et l’admiration. Quelques larmes tombèrent sur les joues d’Emma, qui ne se réveilla pas. Isaya prononça les mots qui lui permettraient de jeter son sort et, après avoir jeté un dernier regard attendri et affectueux à sa progéniture, elle ouvrit le flacon contenant son essence vitale, qu’elle répandit sur la poitrine d’Emma, là ou se trouvait son cœur. Isaya mourut en donnant à sa fille l’essence magique qui la maintenant en vie. De cette façon, celle-ci ne recouvrerait pas tous les pouvoirs qui lui avaient été enlevés, mais elle aurait la possibilité de se défendre contre les autres avec cette caractéristique intéressante : elle pourrait absorber les dons des gens qui l’entoureraient afin de les faire siens pour un temps.
***
Elina et Jayden Kensington, un couple de sorciers mariés depuis plusieurs années, avaient tout essayé. Rien n’y faisait, Mme Kensington avait perdu tous les enfants qui avaient commencé à grandir dans ses entrailles. Aucun n’était parvenu à terme et après quatre déceptions de plus en plus douloureuses, le couple avait décidé qu’il ne tenterait plus. Les mois avaient passés, jusqu’au jour où l’idée de l’adoption se fit plus présente dans leur esprit. Les deux amoureux n’avaient jamais vraiment considéré cette option, mais devant l’échec de leurs tentatives, ils avaient décidé que c’était peut-être la meilleure solution. À l’orphelinat, on les informa qu’une fillette venait justement d’être prise en charge; on l’avait abandonnée sur le perron de l’établissement et elle semblait être une petite sorcière en parfaite santé. Dès qu’Elina et Jayden posèrent leurs yeux sur le petit être qu’on leur présenta, ils tombèrent amoureux. L’enfant n’avait pas plus qu’une semaine lorsqu’ils l’accueillirent chez eux, l’installant dans la chambre du manoir qu’ils avaient déjà repeinte il y avait plusieurs mois de cela, justement dans ce but. Dès cet instant, leur bonheur leur parut complet.
Emma Rachel Kensington eut une enfance heureuse. Désirée par ses parents, dont elle ignorait qu’ils l’avaient adoptée, elle avait toujours eu tout ce qu’elle voulait. Enfant unique, elle obtenait l’attention de tout le monde, particulièrement de son père et de sa mère lorsque ceux-ci n’étaient pas au travail. Quand c’était le cas, le personnel du manoir se chargeait de les remplacer; la nounou, la bonne, le majordome, le chauffeur, les cuisiniers… tous se pressaient autour d’elle comme si elle eut été un aimant. Il fallait dire que la petite Emma était tout à fait adorable. Ses grands yeux bleus pétillants de joie de vivre, son sourire constant et son énergie dynamique, drôle et enjouée attiraient tout le monde. Une seule chose à propos d’Emma déconcertait tout le monde ; la petite sorcière n’avait pas encore démontré d’aptitude magique. Elle ne contrôlait ni le feu, ni l’eau, ni la terre, ni l’air. Qu’à cela ne tienne, ses aptitudes se développeraient sans doute plus tard.
À 4 ans, on envoya Emma à l’école de magie primaire de Wonderland. Évidemment, cela ne se fit pas sans inquiétude… comment formerait-on Emma à la magie, si elle n’avait rien de magique? Cette question commençait à tourmenter de plus en plus les parents de la petite, qui se demandaient maintenant si Emma était bel et bien une sorcière. Mais elle n’avait aucune caractéristique d’aucune autre créature… Était-elle alors tout simplement humaine? Toutes ces questions attristaient profondément le couple, qui avait peur pour la petite… Si jamais on découvrait qu’elle n’était qu’humaine, sa vie serait sans doute très difficile. Le temps passait et Emma apprenait tout ce que les autres enfants apprenaient : la lecture, l’écriture, les mathématiques, l’histoire… mais elle devait s’absenter des cours de magie, qui lui étaient inutiles.
C’est lors de sa première année au collège que tout changea. Emma avait alors 12 ans. Dans le gymnase, pendant le cours d’éducation physique, elle fut encore une fois choisie la dernière pour faire partie d’une équipe. Emma n’avait pas beaucoup d’amis et le fait qu’elle n’avait aucun pouvoir magique la rendait différente aux yeux des autres. Et pour un enfant, la différence est la pire des tares. Pendant le cours, les enfants jouaient au volleyball. Emma faisait du mieux qu’elle le pouvait pour ne pas décevoir son équipe, mais les autres faisaient comme si elle n’était tout simplement pas là; ils la bousculaient pour renvoyer le ballon à sa place, ne lui faisaient aucune passe, bref, l’ignoraient complètement. Emma commençait à en avoir plus que marre de ce petit manège, qui n’était pas réservé qu’au gymnase. Dans les classes, dans la cours d’école, partout les élèves l’ignoraient ou l’embêtaient. La colère grondait en elle depuis un certain temps déjà et plus les jours passaient, plus elle risquait d’exploser. C’est ce jour-là qu’une goutte fit déborder le vase. Un membre de son équipe de volleyball, qui était derrière elle, envoya le ballon directement sur sa tête avec une force étonnante. Emma se retourna, agressive, et comme si le ballon ne l’avait même pas atteinte, les autres étudiants crièrent « OUT! », décidant que la tête d’Emma équivalait à l’extérieur des lignes ou encore à un atterrissage dans le filet. Le responsable ne s’excusa pas et le professeur, occupé ailleurs, ne fut témoin de rien.
- Non mais ça va pas ?! T’as pas remarqué que c’était sur ma tête que t’avais envoyé la balle, grosse brute ?
Bon. C’était pas à 12 ans qu’on avait les meilleures insultes. Mais Emma s’en moquait, elle voulait simplement parler, pour une fois, ne pas se laisser faire.
- Ohhh pardon je t’avais pas vue ! répondit le jeune, un sourire moqueur aux lèvres.
Furieuse, Emma marcha vers lui mais avant qu’elle ait pu faire plus que trois pas, la balle s’écrasa une deuxième fois sur sa tête, cette fois propulsée par le jeune homme lui-même, qui contrôlait l’air. C’en était trop. Emma lui sauta dessus, et tous deux se retrouvèrent sur le plancher. La jeune fille était incontrôlable. Elle tabassait carrément l’insolent qui s’en était pris à elle. Ce dernier tentait de se protéger avec ses bras, mais Emma était dans un état second, une rage injustifiée qui la poussait à frapper, gifler, griffer, mordre…
Les autres élèves étaient tout autour et pour défendre leur ami, quelques-uns commencèrent à utiliser leurs pouvoirs. C’est lorsqu’une flammèche frôla sa joue, en grillant quelques uns de ses cheveux, qu’Emma perdit toute notion du bien ou du mal. Quelque chose se brisa en elle, quelque chose qui n’avait en fait rien à voir avec le petit incident stupide du ballon sur la tête. Quelque chose qui venait de plus loin, qu’elle avait nourri toute son enfance; la honte d’être une humaine sans pouvoir, l’impression de ne pas être à sa place dans sa propre famille et le sentiment, irrationnel mais présent, d’être une horrible anomalie, d’être le fruit de l’horreur et du mal…
Brusquement, la jeune fille cessa de s’en prendre au jeune, par terre, qui pleurait. Elle se releva lentement et dans son regard, tous purent apercevoir suffisamment de haine pour qu’aucun n’ait envie d’ajouter quoi que ce soit. Les cheveux défaits, le visage écarlate, les poings serrés, quelques égratignures sanglantes sur ses bras et son cou, Emma n’était plus la petite fille enjouée qu’elle avait été. En cet instant même, elle avait l’air d’un monstre. Soudain, la terre se mit à trembler et au même moment, Emma leva les mains, paumes vers le ciel. Deux énormes boules de feu apparurent, quelques centimètres au dessus de ses paumes, et l’éclat des flammes se refléta dans son regard dément. La fontaine où les jeunes pouvaient se désaltérer, fixée au mur du gymnase, se mit à couler toute seule et sous la pression intense de l’eau, les tuyaux cédèrent et la fontaine tomba par terre, laissant libre cours à l’immense jet d’eau qui se transforma rapidement en tourbillon autour d’Emma. Le vent sifflait dans ses cheveux et les éléments se déchainaient autour d’elle. Plusieurs enfants criaient, d’autres pleuraient, le professeur était complètement démuni devant l’incroyable démonstration de la jeune fille qui, quelques minutes plus tôt, était sensée n’avoir aucun pouvoir magique. Les quatre éléments, pas un seul mais quatre! Comment cela pouvait-il être possible ? Ne sachant que faire pour contrôler la petite, qui criait maintenant comme une forcenée, il entraina les autres élèves vers la sortie pour les mettre en sécurité. Emma n’avait plus aucun contrôle sur la situation. En cet instant, elle n’était plus elle-même; elle avait l’impression d’être tout le monde et personne à la fois, comme si d’autres avaient pris possession de chaque fibre de son être et que cela anéantissait tout ce qui faisait d’elle une personne à part entière. Elle ne réfléchissait plus tant il y avait de pensées en elle, elle n’était plus que puissance et souffrance. Elle s’entendait crier mais ne comprenait pas d’où le son pouvait bien provenir et les larmes roulaient sur ses joues sans qu’elle s’en aperçoive. Puis, lorsque la porte du gymnase se referma derrière le professeur et les élèves qui prenaient la fuite, brusquement, elle s’évanouit.
***
Il n’avait pas fallu longtemps avant que le récit de ce qui s’était passé cette journée-là au collège de Wonderland ne se répande dans les foyers. Personne ne comprenait comment la petite Emma Kensington avait pu contrôler, soudainement, quatre éléments en même temps. Quelques sorciers dont l’Histoire avait retenu le nom avaient déjà contrôlé plus d’un élément, mais jamais avant d’être arrivé au terme d’une formation longue, difficile et fastidieuse. Une situation comme celle-là était unique et inusitée. Emma, prisonnière de la tourmente qu’elle avait elle-même provoquée, comprenait encore moins que quiconque ce qui lui arrivait. Évidemment, la jeune fille intéressait beaucoup les universitaires, les chercheurs et les médias. Dans les semaines qui suivirent, Elina et Jayden Kensington reçurent des tonnes de lettres qui les suppliaient d’emmener leur fille dans tel ou tel laboratoire, afin de lui faire passer tel ou tel test. Bouleversés, les parents d’Emma n’avait qu’une idée en tête : protéger leur fille au péril de leur propre vie. Ils avait désiré cet enfant avec une telle ardeur et l’avait tant aimée durant ces 12 dernières années qu’ils ne laisseraient personne les en séparer.
De bien belles paroles, certes, et prononcées par la conviction même, aussi. Mais cela n’est pas toujours suffisant…
***
Emma ne su jamais vraiment ce qui était arrivé à ses parents. On lui annonça seulement qu’ils étaient morts et qu’elle avait du être recueillie par « Le Centre », là où elle passa les 7 années suivantes de sa vie. Pendant toutes ces années, les scientifiques et les agents du Centre tentèrent de comprendre son pouvoir. Après quelques temps de recherche, ils comprirent qu’Emma pouvait copier le pouvoir des gens qui l’entouraient; elle avait le don d’absorber leurs capacités et de les utiliser. Pendant tout ce temps, ils tentèrent de l’entraîner à absorber les pouvoirs des autres, à les garder en elle pour les utiliser plus tard, à la transformer en véritable arme à mettre au service des sorciers contre les créatures qui se faisaient de plus en plus hostiles. La guerre entre les sorciers et les créatures était inévitable et le Centre, un institut top-secret de sorciers de tous métiers, comptait bien se servir de cette enfant à son avantage. Malheureusement, au terme de 7 années de recherche, de tentatives et d’échec, ils abandonnèrent. Jamais Emma ne serait l’arme qu’ils avaient imaginé qu’elle pourrait être. Ses capacités étaient beaucoup plus limitées qu’ils le croyaient et, au final, elle n’était bonne à rien.
Assise dans la cellule qui lui servait de chambre, sobrement décorée de quelques dessins qu’elle avait faits il y avait longtemps déjà, éclairée par la lumière artificielle qui se reflétait sur les murs gris métalliques, Emma fixait le sol. Elle fixait le sol depuis trois heures déjà. Elle n’en pouvait plus du Centre. Au début, les agents l’avaient amadouée, lui disant qu’elle était une enfant spéciale et qu’ils s’occuperaient d’elle, qu’ils feraient d’elle une petite fille extraordinaire et qu’ils veilleraient à son confort. Ils avait cruellement manqué à leur parole. Emma avait encore sur la langue le goût amer laissé par les différents produits qu’ils lui avaient fait ingurgiter toutes ces années. Elle sentait encore ses muscles endoloris par l’entraînement épuisant et interminable qu’ils lui avaient imposé à chaque jour. Elle avait la vue embrouillée par tous les questionnaires qu’elle avait du remplir et les traits tirés par ses nuits de 4 ou 5 heures. Et maintenant qu’ils avait découvert qu’elle n’était rien d’autre qu’une anomalie, ce qu’elle-même avait toujours su au fond d’elle, elle avait aussi le cœur brisé. Enfant, lorsqu’ils l’avaient recueillie, elle avait longtemps pleuré ses parents. Mais elle était aussi rassurée d’être prise en charge par des gens qui se disaient capable de lui dire ce qu’elle était, ce qu’elle avait. Elle avait l’impression d’être au bon endroit. Maintenant qu’elle n’était plus rien à leurs yeux, que ses capacités les avaient eux aussi déçus, elle avait le cœur en miettes. Elle n’était rien ni personne aux yeux de rien ni de personne. Et maintenant que le Centre n’avait plus besoin d’elle, qui sait ce qu’ils lui feraient subir… Emma avait peur pour sa vie. Il fallait qu’elle s’échappe de là. Elle attendait la venue de Allan, un agent âgé d’une soixantaine d’années sûrement, qui, pendant des années, avait été celui qui lui apportait sa nourriture à chaque jour. Une routine s’était maintenant bien installée. Allan frappait à sa porte vers 7h du soir, il ouvrait ensuite la porte et déposait le plateau de nourriture sur la petite table à côté. Ensuite il refermait la porte et attendait, debout, tout près, jusqu’à ce qu’Emma ait terminé son repas. Allan était la seule personne ici qui avait un jour manifesté de l’empathie à l’égard d’Emma. Au début, il lui arrivait de sourire lorsque leurs regards se croisaient et maintenant, lorsqu’il en avait l’occasion, il lui racontait une blague ou lui passait en douce un objet qui lui faisait plaisir. À son anniversaire de 15 ans, quatre ans plus tôt, il lui avait offert une petite girafe en peluche qu’elle avait tout de suite cachée dans sa cellule. Le soir, il lui arrivait de la serrer très fort avant de s’endormir.
Allan maîtrisait le feu et dans son domaine, il était l’un des meilleurs. Puisqu’Emma le voyait à chaque jour depuis des années, elle arrivait maintenant à contrôler parfaitement le feu lorsqu’il était près d’elle. Ce soir-là, elle se servirait de cet atout pour se sauver, d’autant plus que l’aile dans laquelle elle se trouvait était pratiquement déserte à cette heure-ci. Lorsque le vieil homme frappa à sa porte vers dix-neuf heures, elle attendait tout près. Quand il ouvrit, elle referma la porte derrière lui sans lui laisser le temps de sortir de la cellule.
- Je vais m’enfuir. Maintenant.
L’homme ne prononça pas un mot mais une étincelle de joie mêlée de tristesse brilla dans son regard.
- Vas-tu m’aider ?
Il ne répondit pas.
- Une quinzaine de mètres derrière moi, 10 minutes, c’est tout ce dont j’ai besoin…
Il ne disait toujours rien.
- Je t’en prie… supplia Emma.
Sans dire un mot, Allan s’approcha de la jeune fille qu’il avait vue grandir et la serra dans ses bras, les yeux brillants de larmes. Emma, surprise et un peu perturbée, se laissa étreindre sans bouger. L’homme s’éloigna, essuya son visage et lui fit signe d’y aller. Sans perdre une seconde, Emma ouvrit la porte de sa cellule et s’élança vers la sortie, en déchainant toute la puissance des flammes d’Allan sur ceux qui se mettaient en travers de son chemin.
***
Après quelques semaines à se comporter en fugitive, Emma a finalement compris que le Centre n’était pas à sa recherche. Les agents ont tout simplement décidé de la laisser aller, maintenant qu’elle n’est plus un poids pour eux. Trois mois après son évasion, Emma a appris que le testament de ses parents lui léguait le manoir Kensington ainsi que toute la fortune familiale, ce qui représente un bon montant. À l’abri du besoin, Elle habite le manoir pour l’instant et songe à entrer à l’université sous peu.
I am what I am {« Your character »}
Explications sur le pouvoir d'Emma :
- Emma a la capacité d’absorber le pouvoir des personnes qui se trouvent dans un rayon de 20 mètres autour d’elle.
- Elle peut absorber plusieurs pouvoirs à la fois et les utiliser en même temps.
- Toutefois, pour pouvoir utiliser un pouvoir qu’elle copie à quelqu’un, il faut qu’elle côtoie cette personne depuis un certain temps (en général chaque jour depuis au minimum un mois pour arriver à produire quelque chose de satisfaisant)
- Puisque tous les sorciers sont différents, chaque pouvoir l’est aussi et c’est pourquoi elle ne peut pas copier n’importe quel pouvoir n’importe quand; il faut qu’elle recommence à zéro à chaque fois, qu’elle s’entraîne avec chaque nouveau pouvoir pour arriver à l’utiliser correctement.
- Elle est incapable de copier un pouvoir et de le garder en elle lorsque la personne à qui appartient le pouvoir est plus loin que 20 mètres.
- En revanche, il n’y a pas de limite de temps pour la copie d’un pouvoir si la personne se trouve dans un rayon de 20 mètres. Si celle-ci y était pendant 30 ans, Emma aurait le pouvoir pendant 30 ans.
- Si la personne de qui elle est en train d’absorber le pouvoir meurt, Emma se retrouve sans défense. - Copier un pouvoir lorsqu’elle s’est entrainée longtemps à le faire ne lui demande pas plus d’énergie que celle que demande l’utilisation du pouvoir par la personne elle-même.
- Copier un nouveau pouvoir lui demande plus d’énergie car elle doit analyser et comprendre la façon dont il fonctionne.
- Copier plus d’un pouvoir à la fois demande une quantité exponentielle d’énergie. 1 pouvoir = même quantité d’énergie que la personne qu’elle copie. 2 pouvoirs = 4 fois la quantité d’énergie déployée par les 2 personnes qu’elle copie. 4 pouvoirs = 16 fois la quantité d’énergie dépensée par les 4 personnes qu’elle copie. C’est donc très épuisant et copier 4 pouvoirs n’arrive jamais volontairement, seulement lorsqu’une grande émotion la submerge.
Personnalité d'Emma :
Emma est une jeune femme difficile à cerner, car sa personnalité est hautement contradictoire. Ayant passé toute son adolescence dans un centre de recherche top secret à servir de cobaye, elle est aujourd'hui très méfiante envers les autres, incertaine par rapport à leurs intentions. Elle a donc énormément de difficulté à accorder sa confiance. Toutefois, puisque tout le monde a besoin des autres, Emma n'est pas différente et elle cherche à combler ses carences affectives en compagnie de personnes peu significatives pour elle, comme des rencontres d'un soir ou des amis superficiels, car elle sait que de cette façon elle n'a pas à s'investir émotionnellement pour être ensuite déçue, trompée, trahie ou abandonnée. De plus, son mal-être intense la pousse à consommer sexe, drogue et alcool à outrance. On pourrait croire qu'après avoir passé une adolescence aussi tourmentée, elle aurait envie de stabilité, de sécurité, d'affection et de paix, mais il en est tout autrement. Ayant été privée de vivre pendant toutes ces années, depuis qu'elle est libre, elle entend profiter pleinement de la vie et de sa jeunesse de toutes les manières possibles. De plus, même si elle n'en a pas conscience, elle est intimement convaincue qu'elle ne vaut pas mieux qu'un rat de laboratoire et qu'elle mérite les souffrances qu'elle s'inflige elle-même. Elle en est peu à peu venue à aimer cette souffrance qui la tenaille constamment, car c'est ce qui la fait se sentir en vie. C'est pourquoi toutes les manières d'attiser cette souffrance sont les bienvenues.
Avec les autres, Emma est très difficile à comprendre. Ses aptitudes sociales sont limitées, puisqu'elle ne fait confiance à personne et, paradoxalement, elle n'éprouve aucune difficulté à s'entourer d'amants et d'amis avec qui entretenir un lien somme toute plutôt vide. Rares sont les personnes qui réussiront à s'approcher d'elle véritablement. Mais il n'y a pas que ça. Beaucoup de personnes sont méfiantes à l'égard d'Emma en raison de son pouvoir spécial et devenir l'ami d'un copieur est extrêmement difficile, car jamais l'on ne sait si le copieur nous choisi pour nous ou pour notre pouvoir. Les relations interpersonnelles d'Emma sont donc toujours ambigües, incomplètes, tordues ou malsaines. Behind the Screen {« You »} | ♣ PSEUDO • Lexie ♣ AGE • 21 ♣ FRÉQUENCE DE CONNEXION • Aussi souvent que possible! ♣ COMMENT AS TU TROUVÉ LE FORUM •♣ QU'EN PENSES TU • Love love love love love ♣ CRÉDIT ICON •♣ CODE RÈGLEMENT • |
_________________ "C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre." |
|